Fouilles archéologiques

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Aktualitäten zu den Ausgrabungen

Eté 2016

Sous-Ville

La périphérie occidentale de la ville d’Avenches se révèle être, au fur et à mesure que l’on y prête attention, une région archéologique stratégique pour la compréhension des origines de la cité romaine. En effet, des travaux liés à la construction de trois nouvelles salles de sport attenantes au collège municipal ont permis de mettre au jour une série de fosses contenant des dépôts particuliers, associés à un nombre important de trouvailles métalliques. Ces découvertes sont datées pour l’heure sans plus de précision aux alentours de 100 av. J.-C, soit contemporains des vestiges découverts à un peu plus de 300 mètres de là, dans la région de Sur Fourches (cf. actualité des fouilles « été 2015 »).

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La fouille du collège de Sous-Ville (2016.13) se situe à la périphérie occidentale de la ville d’Avenches, dans un secteur jusqu’à alors peu exploré. Au sud de la route de Berne, le chantier 2016.07 (Sur Fourches) révèle également des vestiges de la période gauloise

Le chantier de l’été 2016, sur une surface de près de 3’500m2, s’est déroulé dans des conditions de surveillance archéologique très compliquées. En effet, pas moins de deux pelles mécaniques de 40 tonnes et une de 25 tonnes participaient simultanément aux décapages des couches sus-jacentes aux frêles vestiges gaulois qui étaient, comme souvent, difficilement perceptibles.

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Carrière d’extraction de sable ? Non ! Il s’agit d’une vue du chantier de Sous-Ville. Face aux impressionnantes machines de chantier, les archéologues (en orange à droite) semblent bien petits

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les archéologues ont pu fouiller, dans des délais très courts, une trentaine de structures archéologiques. De plus, un formidable ensemble de mobilier métallique a été récolté sur l’ensemble de la parcelle, grâce à l’habilité déconcertante du fouilleur/détectoriste Christopher Ansermet : plus de 90 monnaies sont sorties de terre, parmi lesquelles on dénombre, après un premier inventaire, 56 exemplaires datés de l’époque gauloise, soit environ 37 quinaires, 10 potins, 8 oboles et 1 seizième de statère en électrum. Il faut ajouter à cela une quarantaine de fibules, un peu moins de 20 perles en bronze, une dizaine de têtes de clou décorées, ainsi que de nombreux autres objets métalliques non encore identifiés, incluant à première vue des éléments de chaudronnerie et de charronnerie.

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Une fibule de type « Nauheim » en cours de restauration et un lot de monnaies trouvées lors de l’intervention de 2016. Ces clichés illustrent la richesse et l’excellent état de conservation du mobilier métallique

Une dizaine de fosses creusées dans le substrat naturel constitue les structures archéologiques les plus intéressantes. D’un diamètre moyen de plus de 2 m pour une profondeur maximale de 1 m, elles sont, comme nous l’avons déjà mentionné, caractérisées par la présence dans leur remplissage de dépôts particuliers, à savoir des récipients entiers en céramique déposés en association soit avec des restes fauniques particuliers, principalement des mandibules, soit avec des objets métalliques tels un grand couteau et un rasoir.

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L’une des fosses recelait une dizaine de récipients en céramique entiers, déposés brisés et en vrac (en haut). Une autre fosse a livré un grand couteau en fer (en bas)

Ces belles découvertes de la fin de la période celtique s’ajoutent aux vestiges mis au jour de l’autre côté de la route cantonale dans le secteur de Sur Fourches, ainsi qu’aux différentes structures funéraires contemporaines reconnues dans la région qui deviendra le centre religieux occidental de la ville romaine. Elles confirment une fois de plus qu’une importante agglomération gauloise existait à Avenches, préfigurant la capitale des Helvètes de l’époque romaine.

 

Printemps 2016

Derrière les Murs

Un nouveau cimetière d'Aventicum

L’équipe du SMRA a poursuivi les investigations liées au projet d’éco-quartier projeté derrière la gare d’Avenches (voir l'actualité des fouilles de l'automne 2015). Cette seconde étape a vu le creusement de 44 nouveaux sondages à l’extérieur du mur d’enceinte antique, au lieu-dit "Derrière les Murs".

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Creusement des sondages dans le secteur "Derrière les Murs". Dès l’ouverture, l’eau envahit tout, compliquant sérieusement la tâche des archéologues

La plupart des tranchées se sont avérées négatives et rapidement envahies par des remontées d’eau, pour la plus grande joie des batraciens, canards et cigognes présents dans les environs. Seuls les sondages ouverts à proximité de la muraille ont révélé des traces d’occupation sous forme de niveaux de chantier et de démolition. Les principaux résultats ont été l’observation et la documentation en stratigraphie, pour la première fois dans ce secteur, du fossé défensif du mur d’enceinte, mais surtout la mise au jour d’un petit secteur funéraire.

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La zone de tombes à incinération, avec en bas à gauche l’inhumation d’un adulte dont le cercueil en bois est partiellement conservé

Dès son creusement mécanique, le sondage 2 a en effet révélé de nombreux tessons de céramique ainsi que des esquilles d’os brûlés, laissant présager la présence de structures funéraires. Le nettoyage de surface a très vite confirmé cette hypothèse, puisque des concentrations de mobilier et des os humains ont rapidement été mis en évidence. Il a alors été décidé de procéder à une fouille par décapages de toute l’étendue du sondage.

Au final, sur les 12 m2 fouillés ont été mises au jour onze inhumations de nouveau-nés, dont l’un installé en position fœtale dans une panse d’amphore et au moins quatre en cercueil, deux enfants en cercueil et un adulte également en cercueil. En outre, deux tombes de nouveau-nés se signalent par des offrandes sous forme de pièces de monnaie.

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Inhumation en cercueil très détériorée, mais épargnée de peu par les tuyauteries modernes

Dix-huit tombes à incinération plus tardives sont implantées directement sur ces inhumations et les perturbent partiellement ou totalement. Ces structures ont elles mêmes été fortement mises à mal par les labours, l’érosion ou les nombreuses galeries d’animaux, rendant difficile la différenciation des sépultures les unes des autres. Les fosses d’implantation contiennent essentiellement des concentrations d’os brûlés, auxquels s’ajoutent des tessons de céramique, du verre fondu, ainsi que deux dés à jouer en os. Pour six de ces incinérations, les restes calcinés sont confinés dans des urnes cinéraires en céramique, plus ou moins bien conservées.

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Dégagement d’une urne cinéraire à l’aide d’outils fins afin de ne pas laisser de marques sur la céramique
 

La densité de structures présentes sur la surface de fouille a écarté l’hypothèse de tombes isolées et permis d’envisager la découverte d’un nouveau cimetière d’Aventicum. Cependant, son extension semble limitée, les trois sondages à proximité n’ayant révélé aucune trace de sépultures.

Si ce type de cimetière mêlant inhumations et incinérations est déjà connue sur le site d’Avenches, la forte concentration de tombes de nouveau-nés sur une surface si réduite est inédite. Le travail de post-fouille va débuter. Il permettra d’étudier le mobilier, d’obtenir des résultats anthropologiques et d’établir une datation précise de cet ensemble. On peut d’ores et déjà affirmer que les tombes ne sont pas antérieures au 2e siècle ap. J.-C. et sont donc postérieures à la construction du mur d’enceinte.

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Inhumation d’adulte en cercueil qu’il a fallu sauver des eaux après une forte averse


Automne 2015

Prés de la Gare

Un éco-quartier derrière la gare d’Avenches

En prélude à un ambitieux projet de construction destiné à accueillir 1600 habitants dans un éco-quartier qui devrait se développer au cœur de la zone industrielle située derrière la gare, l’équipe du SMRA a mené fin 2015 une campagne de sondages afin d’évaluer l’étendue de la zone archéologique menacée. Ce nouveau quartier est en effet amené à s’étendre de part et d’autre de l’enceinte romaine sur un vaste périmètre d’environ 68’000 m2 qui jusqu’à présent n’a pratiquement jamais été investigué.

La région explorée se situe entre la voie de chemin de fer et le mur d’enceinte, dont certains tronçons restaurés sont visibles au cœur de la haie d’arbres à l'arrière-plan

La première étape, achevée mi-novembre, consistait à sonder la zone située entre le mur d’enceinte et la voie de chemin de fer avec l’ouverture à la pelle mécanique de pas moins de 47 tranchées. Si 19 d’entres elles, situées principalement dans la partie médiane de la parcelle, se sont révélées négatives, les autres ont par contre livré les vestiges d’une occupation relativement importante de cette région située en marge de la trame urbaine en insulae de la ville romaine.

47 sondages ont été réalisés dans cette parcelle de presque 500 m de long

Un secteur à vocation artisanale

Une zone particulièrement riche en vestiges a été localisée en bordure de l’actuelle route de l’Estivage. Celle-ci reprend l’axe d’une des deux principales rues de la ville romaine, le cardo maximus, qui, depuis le forum, permettait de sortir d’Aventicum par la porte du Nord. En 1961, un vaste local de 20 x 20 m caractérisé par trois rangées parallèles de piliers - peut-être un entrepôt -, ainsi qu’un autre édifice, sans doute à vocation utilitaire lui aussi, comprenant une cour intérieure encadrée d’une série de pièces spacieuses, avaient été repérés immédiatement à l’est de la voie romaine. Ces découvertes laissaient ainsi supposer la présence de constructions sur le côté opposé chaussée, hypothèse qui a été confirmée par les sondages.
En effet, des fondations de murs maçonnés, des sols en terre battue et en mortier de chaux (terrazzo), un puits, de nombreux foyers et des fosses dépotoirs, témoignent de plusieurs phases d’occupation qui se sont succédées pour former une séquence stratigraphique atteignant par endroit plus d’un mètre d’épaisseur.

Sondage 41. Au premier plan, un sol en terrazzo limité par de parois légères (négatifs) et un seuil en pierre de grès. Au deuxième plan, plusieurs réaménagement postérieurs, dont une fondation de mur en gros boulets et un foyer
 
Une structure de plan quadrangulaire d'env. 1.90 m de côté, occupant le centre du sondage 20, reste pour l'heure énigmatique. L'absence de sol construit laisse présumer d'un espace d'extérieur. Un mur perpendiculaire au sondage pourrait signaler une limite de parcelle ou d'enclos
 
Dans le sondage 1, un puits de forme quadrangulaire recoupe un important feuilletage de sols en terre battue et de niveaux d'occupation associés à des foyers. Conservé dans la partie inférieure du puits, le cuvelage était constitué de planches en bois (en très mauvais état de conservation), assemblées les unes aux autres par un système de queues d'aronde
 

D’une manière générale, ces vestiges restent difficiles à appréhender en raison des limites inhérentes à ce type d’intervention. Si elle permet très vite de prendre la mesure de la stratigraphie, la prospection en tranchée n’offre en aucun cas la vision extensive nécessaire à la mise en évidence de l’organisation des espaces et de leur fonction. Toujours est-il que la présence de nombreux foyers et d’une grande quantité de déchets métallurgiques (scories et battitures) évoque davantage une zone à vocation artisanale, voire commerciale, que résidentielle. Datés par dendrochronologie de l’an 8 (+/- 7 ans) ap. J.-C., des pilotis renforçant les fondations de l‘un des murs mis au jour constituent un jalon inédit pour l’histoire de l’occupation de ce secteur excentré d’Aventicum : ils renvoient en effet à une période où, bien avant la construction de l’enceinte sous l’empereur Vespasien vers 72 ap. J.-C., venait à peine de se mettre en place le réseau viaire déterminant les quartiers orthogonaux de la ville.
En outre, la céramique provenant du comblement d’une grande fosse dépotoir témoigne d’une fréquentation du secteur au moins jusqu’à la fin du IIe s. ap. J.-C., une chronologie qu’il s’agira d’affiner par l’étude complète du mobilier archéologique.

Sondage 18. Au premier plan, l'angle d'un mur presque entièrement récupéré. Au second plan, les pieux datés de l'an 8 (+/- 7 ans) ap. J.-C.
 

Une canalisation pour l’évacuation des eaux ?

Dans l’axe d’un conduit ménagé à travers le mur d’enceinte et encore visible entre les tours 19 et 20 où il a été restauré en 2012, un large radier de galets servant d’assise à de gros moellons de calcaire jaune parementés sur la face intérieure a été partiellement dégagé. Comblé de fines strates de sables lessivés caractéristiques d’un écoulement d’eau, cet espace central correspond vraisemblablement au conduit d’une canalisation éventuellement constituée de planches en bois.
Ce canal, peut-être à ciel ouvert, et l’émissaire traversant le mur d’enceinte ne fonctionnent vraisemblablement pas ensemble en raison d’une importante différence d’altitude constatée de l’une à l’autre. Dès lors, la canalisation mise au jour préexiste-t-elle à la muraille ?
Quoi qu’il en soit, ces observations ouvrent de nouvelles perspectives quant à la compréhension de l’évacuation des eaux usées d’Aventicum et pourrait confirmer l’hypothèse associant ces ouvertures avec le réseau des égouts de la ville romaine.
A l’appui, des vestiges de la même canalisation ont été repérés dans deux autres tranchées situées précisément dans l’axe d’une rue romaine, l’actuelle route du Moulin, sous laquelle un collecteur antique est connu.

Cette installation, repérée dans le sondage 33 et dont il ne reste que les fondations, s'apparente à une canalisation. Elle se situe dans l'axe de l'ouverture dans le mur d'enceinte visible au second plan
 

Fossés antérieurs au mur d’enceinte

Les tranchées effectuées à l’extrémité occidentale de la zone explorée, non loin de la gare, n’ont livré aucune structure maçonnée. Ce secteur n’en est pas pour autant dépourvu de vestiges. En effet, plusieurs fossés étroits et rectilignes s’apparentant à des drains y ont été repérés. Ceux-ci semblent prolonger un réseau de fossés observé à proximité en 1994 et en 2013, et qui visait probablement à assainir ce secteur humide et marécageux. Il n’est pour l’heure pas possible d’attribuer tous ces fossés à l’époque romaine.

Réseau de drains antiques repérés dans les sondages 21 et 22
 

Par contre, le secteur situé entre les tours 20 et 21 du mur d’enceinte a livré deux très longs fossés parallèles d’orientation est-ouest, clairement antérieurs à la muraille puisque scellés par les niveaux de chantier de cet édifice monumental. L’un d’eux présente un profil particulier (fond étroit, plat et parois verticales) qui pourrait l’apparenter à une sablière. Le plan de ces aménagements laisse envisager une construction rectangulaire d’au moins 30 m de longueur pour une largeur d’environ 16 m, hypothèse que seule une fouille extensive permettrait de confirmer.

Une seconde phase de sondages devrait avoir lieu au cours des premiers mois de l’année 2016 afin d’explorer les parcelles se situant à l’extérieur du mur d’enceinte.

Dans le sondage 26, un long fossé s'interrompt soudainement (en haut de l'image). Cette interruption laisse envisager qu'il pourrait bifurquer à angle droit et rejoindre ainsi dans le sondage 31 un autre fossé, parallèle et distant de 16 m, dont le profil en U semble s'apparenter à une sablière (image suivante)
 
Sondage 31. Trace de sablière ?

Printemps - été 2015

Périphérie sud-ouest (Sur Fourches)

Une fouille programmée aux origines d’Aventicum

La périphérie occidentale de la ville d’Avenches connue sous le lieu-dit de « Sur Fourches » constitue une zone archéologique d’importance majeure. Principalement connue pour abriter dans son sous-sol une des plus grandes nécropoles de la ville romaine d’Avenches, elle recèle également des vestiges plus anciens, de l’époque gauloise. En effet, des sondages effectués en 2009 dans ce secteur avaient mis au jour des structures archéologiques datées des environs de 100 av. J.-C., c’est-à-dire contemporaines de l’oppidum gaulois du Mont Vully. L’extension de la construction du quartier d’habitation a motivé la fouille en surface de ces vestiges.

Secteur « Sur Fourches ». Zone fouillée en 2015 (cercle rouge).
En vert, situation des différentes interventions menées entre 1885 et 2009 dans ce secteur proche de la porte de l’Ouest

Des vestiges ténus…

Contrairement aux constructions romaines, les habitations gauloises ne sont pas maçonnées et ne sont pas couvertes de tuiles ; les vestiges sont donc plus difficiles à discerner et à interpréter. Les structures mises au jour cette année comprenaient des fosses, des fossés, des trous de poteau et des restes de parois, accompagnés également de plusieurs épandages de cailloux et de céramiques correspondant sans doute à des niveaux de sols. Tous ces éléments attestent la présence vraisemblable d’habitations, mais l’emprise du chantier est trop petite pour établir le plan de bâtiments.

Du mobilier caractéristique de La Tène D1

En comparaison d’autres sites de cette période de La Tène D1 (150-80 av. J.-C.), le mobilier récolté est abondant et riche. On ne compte pas moins de cinq fibules, un fléau de balance en bronze, ainsi que des fragments de bracelets en verre. La céramique mise au jour comprend majoritairement de la vaisselle commune grise fine locale, ainsi que quelques récipients peints. Les importations sont représentées par quelques rares fragments d’amphores à vin italiques et des pots dits « de type Besançon », ayant vraisemblablement servi au transport de préparations culinaires (salaisons ?) importées du Centre-Est de la France. La richesse de ce mobilier indique que cette occupation n’est pas un simple établissement rural, mais qu’elle pourrait bien correspondre à une agglomération d’une certaine importance, dont l’emprise et le plan restent toutefois à définir.
L’étude de cette fouille, ainsi que celle de 2014 à la route du Faubourg, qui avait également livré une importante séquence d’occupation de la deuxième moitié du 1er siècle avant J.-C. (voir ci-dessous, "Printemps-automne 2014") renouvelleront totalement notre connaissance des origines de la ville antique.

 

Printemps - automne 2014

Quartiers sud-ouest (route du Faubourg)

Vue aérienne de la fouille

Un vaste chantier archéologique de près de 900 m2

Un projet immobilier comprenant la construction de deux locatifs et d’un parking souterrain sur une parcelle située sur le flanc sud-ouest de la colline d’Avenches, en contrebas de la cité médiévale, a motivé la mise sur pied d’un vaste chantier de fouilles archéologiques portant sur une surface de près de 900 m2. Ces investigations qui ont débuté mi-avril et qui devraient se poursuivre jusqu’au milieu du mois d’août, sont menées par une douzaine d’archéologues et de fouilleurs sous la direction du Site et Musée romains d’Avenches. C’est la première fois qu’une fouille en extension a lieu dans cette région excentrée du site d’Aventicum, jusqu’alors explorée par le seul biais de quelques tranchées ouvertes entre 2005 et 2008 lors des travaux de réfection des canalisations communales et d’extension du réseau de chauffage à distance. Les vestiges mis au jour datent du début du 1er s. de notre ère au 3e s. ap. J.-C.

Des traces de char encore visibles sur la voie principale qui traverse le Plateau suisse

La parcelle concernée se situe à env. 500 mètres des quartiers d’habitat de la ville romaine. Elle est traversée au sud, soit côté route cantonale, par ce qui était alors le principal axe de communication reliant Avenches aux localités de l’ouest du Plateau suisse (Eburodunum/Yverdon-les-Bains, Minodunum/Moudon, Lousonna/Lausanne). Après avoir franchi la muraille par la porte de l’Ouest, à 150 mètres du secteur investigué, cette voie contournait la colline pour s’intégrer ensuite au réseau orthogonal de rues de la ville dont elle constituait l’une des deux artères majeures (decumanus maximus). Large de 8 mètres, la chaussée était formée de strates compactes de galets et de gravier régulièrement entretenues par de nouvelles recharges. Des traces d’usure laissées par les roues des chars sont encore visibles sur les pierres. Légèrement bombée en surface, elle était bordée de part et d’autre de fossés latéraux assurant l’évacuation des eaux de pluie. On notera encore la mise en évidence, implantée dans les niveaux supérieurs de cette chaussée, d’une cabane à poteaux datant vraisemblablement du Moyen Age.

Vue générale du chantier
 

La voie de l’amphithéâtre

Une seconde chaussée a été dégagée sur une vingtaine de mètres dans la partie haute du terrain fouillé. Elle avait été repérée pour la première fois en 2004 dans une parcelle voisine. Moins large que la précédente (4 mètres), cette voie, également constituée de galets et de gravier, montait à flanc de coteau en direction de l’amphithéâtre, situé à 200 mètres de là.

Bâtiments, cours, foyers, pièce chauffée...

Les vestiges découverts mettent en évidence une partition en différentes parcelles de l’espace compris entre les deux rues. Chacune d’elles est occupée, dans sa partie haute, par un petit bâtiment comptant deux ou trois locaux contigus dont le sol est constitué de mortier de chaux lissé. L’une de ces pièces était équipée d’un système de chauffage par le sol (hypocauste). A l’avant de ces constructions s’ouvre des cours où seuls quelques grands foyers constitués d’éléments de terre cuite et de tuiles en remploi semblent avoir été aménagés. La fonction exacte de ces constructions (domestique, artisanale, utilitaire ?) reste à préciser. L’étude du mobilier archéologique prélevé lors de ces fouilles apportera certainement sur ce point des éléments de réponse.


Un établissement celtique sous la voie romaine principale !

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les témoins de la présence d’Helvètes dans la plaine aventicienne, dès le début du 1er siècle av. J.-C. au plus tard, se sont multipliés. La répartition de ces vestiges, au pied de la colline du bourg médiéval, a fait naître l’hypothèse de l’existence d’un axe de circulation antérieur à l’installation de la ville romaine, axe repris plus tard par la voie principale susmentionnée traversant l’agglomération du sud-ouest au nord-est.

Les fouilles de cette année ont permis de confirmer cette hypothèse. C’est précisément sous la large voie romaine traversant la partie sud de la parcelle qu’a été mis au jour un établissement helvète du 1er siècle av. J.-C. : les recherches ont en effet révélé un ensemble exceptionnel de fosses, pouvant atteindre deux mètres de diamètre, en lien avec de nombreux trous de poteaux et quelques foyers d’argile. D’étroits fossés longitudinaux partiellement doublés d’une palissade marquaient la limite entre ces vestiges et, plus au nord, une aire empierrée large d’environ huit mètres. Celle-ci est provisoirement interprétée comme l’élargissement d’une voie préromaine contournant la colline et dont le tracé aurait été repris par la voirie antique.

La nature de ce site, qui n’offre en Suisse que peu de parallèles, devra être établie par l’étude conjointe des structures elles-mêmes et de l’ensemble du mobilier archéologique qui s’y rapporte. Un premier survol du matériel céramique montre d’ores et déjà que d’intenses échanges commerciaux avaient alors cours entre les Helvètes et le monde méditerranéen (amphores à vin, céramique campanienne à vernis noir, etc.). L’étude des nombreux ossements animaux récoltés sera sans doute elle aussi déterminante dans la caractérisation de cette occupation.

Au vu des résultats spectaculaires obtenus lors de cette vaste opération, ce secteur de la route du Faubourg est appelé à devenir un ensemble de référence de première importance pour le 1er siècle avant notre ère.

 
Vue d'ensemble, en fin d'intervention, des fosses, fossés et trous de poteau du 1er siècle av. J.-C. sous la voie romaine principale


Eté / automne 2013

Insula 15

Vue générale de la fouille

Le projet de construction d’une maison individuelle dans une parcelle située dans le quart sud-ouest de l’insula 15, quartier d’habitat proche du centre d’Aventicum, a donné lieu à la fouille exhaustive d’une succession de bâtiments établis en bordure de rue et qui remontent, pour les plus anciens, aux origines de la ville romaine.

La datation des vestiges mis au jour n’est pas encore entièrement établie. Il est toutefois d’ores et déjà acquis que la fréquentation du secteur se manifeste dès la dernière décennie du 1er s. avant notre ère déjà, par la présence encore discrète de quelques structures en fosses. Celles-ci sont contemporaines d’une première chaussée dont l’emprise sera scrupuleusement respectée par la suite malgré un rehaussement progressif de près de 2 m. Le premier habitat véritablement organisé est établi au début du 1er s. apr. J.-C. Il présente une série de locaux agencés autour d’un espace à ciel ouvert d’env. 60 m2 auquel on accédait directement depuis la rue. Dotées pour la plupart d’un simple sol de terre battue (seule l’une d’elles, aménagée dans un second temps, était munie d’un sol de mortier lissé), ces pièces étaient délimitées par des cloisons étroites dont les fondations subsistantes (sablières sur solin de pierres) et la démolition de l’élévation (morceaux d’argile portant l’empreinte de clayonnage) sont caractéristiques d’une architecture de terre et de bois à colombage.

Un rehaussement généralisé des niveaux de circulation d’env. 40 cm par la mise en remblai, sur les décombres des aménagements précédents, de matériaux morainiques rapportés assure la transition avec les constructions suivantes. Etablies dès les années 30-40 apr. J.-C., celles-ci reproduisent en grande partie le plan de l’habitat auquel elles succèdent avec notamment le maintien d’une cour intérieure désormais agrandie (env. 80 m2), s’ouvrant sur un portique de rue à colonnade. Protégés par un simple auvent, plusieurs foyers dont la fonction - artisanale ou domestique - reste à préciser, vont s’y succéder. Les locaux sont cette fois-ci pratiquement tous munis de sols maçonnés qui révèlent le tracé en négatif de parois étroites à ossature de bois dépourvues de fondations. La création d’un local maçonné semi-enterré empiétant partiellement sur la cour et abritant en l’un de ses angles un foyer plusieurs fois réaménagé intervient dans le courant de cette période d’occupation.

Foyer d'angle fait d'éléments de construction en terre cuite

Avec l’implantation d’un nouvel édifice, entièrement maçonné cette fois-ci, on assiste à une redistribution partielle des espaces habités. Encadrée de pièces ou couloirs dont les niveaux de sol ont pratiquement tous disparu, l’avant-cour qui accueille à nouveau plusieurs foyers est légèrement réduite en surface. L’arrière du bâtiment, où subsistaient les fondations d’un caniveau en dalles de grès, pourrait avoir été dévolu à un jardin. L’occupation de ce petit secteur de l’insula 15 n’a sans doute pas consisté uniquement en un simple habitat.

Plusieurs objets ou déchets issus de la fouille laissent en effet à penser que différentes activités artisanales y ont été exercées, que ce soit dans le domaine de la métallurgie (creusets, fragment de moule, concentration de battitures) ou de l’exploitation des produits animaux (tabletterie, corneterie). Outre de nombreux foyers, aucune installation spécifique de l’un ou l’autre de ces artisanats n’a toutefois été mise en évidence. Font peut-être exception plusieurs fosses quadrangulaires contigües, dont les parois rectilignes semblent indiquer qu’elles étaient à l’origine cuvelées de planches : creusées lors des dernières phases d’occupation, ces structures pourraient s’apparenter à des cuves utilisées dans un contexte de tannerie.

 

Septembre 2012

Nécropole de la porte de l'Ouest

Porte de l'Ouest (2012). Lieu de découverte des deux stèles funéraires

Les travaux d’excavation pour la création d’un étang dans une propriété située à l’entrée du bourg d’Avenches, côté Payerne, ont permis la découverte, fin septembre, de deux stèles funéraires érigées en souvenir de soldats morts à Aventicum alors qu’ils n’étaient âgés que d’une vingtaine d’années.

Mises au jour dans le secteur de la nécropole de la porte de l’Ouest, considérée comme la plus vaste zone funéraire de la ville romaine, ces stèles viennent s’ajouter aux quelque 150 inscriptions dénombrées sur le site.

Les pierres gisaient à quelques mètres de distance à environ 1 m de profondeur. Leur emplacement d’origine ne nous est pas connu. Les sépultures dont elles marquaient l’emplacement se situaient vraisemblablement dans le cimetière voisin.

Ces stèles sont taillées dans deux dalles de grès coquillier local, de dimensions presque identiques (hauteur 140/144 cm, largeur 67/61 cm, épaisseur 25 cm). Leur partie supérieure figure un fronton orné d’acrotères. La trace très érodée d’un ornement de forme circulaire est encore visible au centre de l’un de ces frontons (stèle 2).

Porte de l'Ouest (2012). Stèle 1

Le texte des inscriptions varie d’une pierre à l’autre en longueur et par la taille des caractères gravés. Sur l’une d’elles (stèle 2), de fortes altérations de la surface ont effacé une partie des lettres, rendant notamment illisible le nom du soldat défunt. Les similitudes qu’offrent néanmoins ces deux stèles et notamment le fait qu’elles mentionnent les soldats d’une même légion, nous incitent à les considérer comme contemporaines.

Découvertes rares et exceptionnelles, ces deux nouvelles inscriptions sont du plus grand intérêt pour notre connaissance de l’histoire du site puisqu’elles sont le premier témoignage écrit de la présence de soldats à Aventicum. La ville n’avait en effet livré jusqu’ici que de rares pièces d’équipement ou armes qui suggéraient tout au plus une présence militaire épisodique et limitée en nombre sur son territoire.

Porte de l'Ouest (2012). Stèle 2

La lecture de ces inscriptions, où subsistent quelques lacunes, doit encore être précisée. Il est néanmoins d’ores et déjà établi que ces deux stèles ont été érigées selon les dernières volontés de deux jeunes légionnaires par les bons soins de leurs héritiers et exécuteurs testamentaires. Seul l’un deux est connu par son nom: Lucius Pollentius Dexter, décédé à l’âge de 23 ans (stèle 1).

Originaires de colonies romaines situées l’une dans la partie européenne de la Turquie, et l’autre vraisemblablement en Hongrie, tous deux étaient incorporés à la même légion, la Legio Prima Adiutrix. Constituée par l’empereur Néron en 68 apr. J.-C. celle-ci était stationnée à Mayence (Allemagne) entre les années 70 et 86 du 1er siècle de notre ère. C’est probablement de cette période que datent ces deux stèles.

Dans la colonie voisine d’Augusta Raurica (Augst BL), cette légion est supposée avoir mis à disposition un contingent de soldats chargés de la construction d’un grand édifice public vers la fin du 1er siècle. Il est donc plausible qu’un détachement de soldats de cette légion ait stationné à Avenches pour des raisons analogues. Leurs compétences dans l’organisation d’un chantier tel que celui du mur d’enceinte, long de 5,5 km et unique ouvrage à caractère militaire que l’on connaisse à Avenches, auront sans doute été précieuses.

A ce stade, on se gardera cependant bien d’exclure tout autre hypothèse pouvant expliquer la présence de ces deux légionnaires à Aventicum, comme par exemple celle de troupes chargées de tâches de police.

Printemps 2012

Insula 8

Insula 8. Fouille de 1961
Découverte d’une mosaïque, actuellement exposée au musée

Le projet de construction de garages couverts en annexe de l’immeuble n° 2 de la Route du Pré-Vert a entraîné une fouille de près de 2 mois sur une surface d’environ 160 m2.

Une intervention archéologique avait déjà été menée sur cette parcelle durant l’été 1961, peu avant la construction du locatif. Touchant la frange nord de l’insula 8, les fouilles avaient mis en évidence la partie septentrionale d’une demeure d’un certain standing. En effet, pas moins de trois mosaïques (l’une d’entre elles est exposée au Musée), de nombreuses peintures murales, ainsi qu’une pièce chauffée par hypocauste avaient alors été découvertes dans cette riche bâtisse constituée d’une série de pièces parallèles s’ouvrant sur un portique de rue.

Situés dans le prolongement des fouilles de 1961 vers l’est, les travaux qui ont été effectués ce printemps ont mis au jour des vestiges beaucoup plus modestes. De ce côté-ci, le corps de bâtiment est constitué de locaux relativement grands, dont certains pourraient être des pièces semi-couvertes ou des cours.

Insula 8 (2012). Vue générale de la fouille

Bien que la chronologie reste encore à préciser à la lumière de l’abondant mobilier céramique découvert, les différentes phases de construction mises en évidence semblent d’ores et déjà correspondre à la lecture stratigraphique des années 60. Précédant les constructions maçonnées, les vestiges d’occupation les plus anciens sont en terre et bois et pourraient remonter à la première moitié du 1er siècle apr. J.-C. Ils sont caractérisés par une architecture en matériaux légers, des cloisons fondées sur des alignements de pierres ou des poteaux verticaux, des sols en terre battue, ainsi que de multiples installations en creux et des foyers. Se succèdent ensuite plusieurs états maçonnés, sans que le plan ne change radicalement par rapport aux phases antérieures. Des terrazzi de constitution assez rudimentaire, mais également des sols de terre battue ou de cailloutis à la surface desquels ont été découverts de nombreux foyers en sont les éléments les plus marquants.

La fonction de cette partie orientale de la bâtisse reste encore à préciser. Elle se distingue pourtant nettement de la partie résidentielle mise au jour en 1961; il pourrait s’agir de locaux de service.

2012. La colonnade du portique de l’insula 2 reposait sur
d’imposantes dalles de molasse, longées par un fossé de route

Ces fouilles furent également l’occasion d’investiguer la rue séparant l’insula 8 du quartier adjacent situé plus au nord, l’insula 2. Au premier abord ingrate puisqu’il s’agit d’un mille-feuille de strates de galets, de graviers et de sable, la fouille d’une route livre pourtant de très intéressantes informations concernant la chronologie des niveaux de voirie, son entretien et celui de ses aménagements bordiers. Cette route a en effet connu un exhaussement continu dû à de multiples rechapages de sa surface de roulement, sur une épaisseur accumulée de plus de 1,60 m. Nous avons observé que ces travaux d’entretien du revêtement étaient quasi systématiquement associés aux curages et aux réaménagements successifs des fossés qui bordaient la chaussée. Les portiques à colonnade longeant la rue ont eux aussi subi de nombreuses transformations. Dans l’insula 2, l’une des colonnades était notamment supportée par une série de très grandes dalles de molasse encore conservées in situ. Enfin, la découverte de plusieurs fûts de colonne, également en molasse, réutilisées dans des installations postérieures confirme la récupération quasi systématique des matériaux de construction.

Insula 8 (2012). La route, identifiable par ses innombrables recharges de galets,
a été méthodiquement fouillée à la pelle mécanique

Eté / automne 2011

Secteur du Lavoëx (théâtre)

Secteur du Lavoëx. Situation des trois sondages réalisés en 2011

A l’occasion de l’édition 2011 des Journées Européennes du Patrimoine, dont le thème était cette année «un monde sous nos pieds», les archéologues de la Fondation Pro Aventico ont entrepris au lieu-dit Le Lavoëx, une opération de prospection en sondages visant à élargir notre connaissance de l’occupation de ce secteur excentré de la ville romaine où d’importantes découvertes avaient été faites dans un passé récent.

C’est au sud du vaste complexe religieux du Lavoëx, qu’ont eu lieu les recherches de cette année. Dans cette parcelle où seule une mosaïque avait été vue au 19e siècle, trois tranchées parallèles larges d’env. 2 m ont ainsi été ouvertes sur une longueur de 30 à 50 m, perpendiculairement à la chaussée courant le long du mur d’enclos voisin.

A l’issue de ces investigations qui auront duré cinq semaines, il apparaît que des vestiges de constructions maçonnées sont présents d’une extrémité à l’autre de la parcelle sondée, soit sur une centaine de mètres au moins le long de la chaussée menant au théâtre. Faute de fouille en extension, la fonction et l’agencement de ces constructions, entre lesquelles s’intercalent peut-être des surfaces non bâties, ne nous sont pas connus. Etablies en bordure de rue ou à quelques mètres de celle-ci, elles ne semblent toutefois se développer que sur 10 à 15 mètres en direction du coteau qui les domine.

La mise en œuvre de sols de béton (terrazzo) et la présence d’une pièce chauffée dans deux des secteurs de fouille sont les signes d’un certain niveau de confort, l’un des bâtiments abritant même une mosaïque - sans doute celle dont il est fait mention en 1888 - d’un genre tout à fait particulier.

Les vestiges dégagés présentent en outre les signes clairs d’une réoccupation à époque tardive (implantation de poteaux dans les sols, reprise des maçonneries, réaménagements sommaires à même les sols) qui pourraient remonter à la période de déclin de la ville dans la seconde moitié du 3e siècle apr. J.-C., phase au cours de laquelle ce secteur connaît semble-t-il une grande activité, le théâtre étant lui-même provisoirement transformé en refuge fortifié.
Ces constructions sont-elles d’une manière ou d’une autre liées au sanctuaire qui leur fait face? Quelle est leur relation avec le théâtre voisin? S’agit-il de simples habitations? Seules des fouilles en extension permettraient de répondre, en partie du moins, à ces nombreuses questions.

Eté 2011

Insula 17

Insula 17 (2011). Vue plongeante sur la fouille

Le projet d’agrandissement d’un immeuble situé sur la Route de Berne, à côté de la station-service Agrola, a entraîné l’ouverture de plusieurs tranchées. Ces travaux furent l’occasion d’explorer la frange orientale d’un quartier de la ville romaine qui restait jusqu’alors vierge de toute intervention archéologique.

Insula 17 (2011). Peinture murale mise au jour en 2011

Quoique relativement restreinte, la fouille a permis d’observer la voie qui sépare l’insula 17 de l’insula 18. Cette rue, d’orientation nord-sud, atteint une épaisseur de plus de 1,40 m. Elle témoigne de multiples rehaussements, dus non seulement à son entretien constant, mais aussi aux travaux réguliers d’aménagement et d’agrandissement des bâtiments qui la bordent.
Pas moins de quatre états successifs d’occupation, caractérisés par des phases de transformation, de nivellement ou de reconstruction ont pu en effet, être mis en évidence. Un portique sur lequel s’ouvrent une série de pièces, dont certaines pouvaient être directement accessibles depuis l’extérieur, longe la rue à l’ouest. La plupart de ces pièces sont dotées de sols en béton (terrazzi) de très belle facture, superposés parfois les uns aux autres. Un grand foyer formé de quatre tegulae a également été aménagé au cours de la phase la plus récente. De plus, une canalisation constituée de tegulae et d’une couverture de grandes dalles de calcaire traverse le sous-sol du bâtiment, permettant ainsi d’évacuer les eaux dans un fossé qui longeait la chaussée. Enfin, la découverte, dans un épais remblai, d’un ensemble considérable de peintures murales laisse envisager la présence d’une pièce assez richement décorée à proximité.
En raison de la fenêtre d’observation très restreinte, tout comme de l’absence de mobilier caractéristique, la fonction de ce nouveau bâtiment reste pour l’instant difficile à préciser.

Hiver / printemps 2011

Quartier au nord de l'insula 6

Quartier au nord de l'insula 6 (2011).
Vue d’ensemble du chantier en bordure des halles en rénovation

La création d’une chaussée dans le cadre de la transformation d’un site industriel a récemment impliqué une campagne de fouille intra muros de plusieurs semaines dans une zone d’occupation comprise entre le mur d’enceinte et les quartiers réguliers de la ville romaine.
Dès le début des travaux, qui ont porté sur une surface de près de 700 m2, des vestiges maçonnés sont apparus à une trentaine de centimètres seulement sous le niveau du terrain actuel.
Il s’agit d’un ensemble de bâtiments qui s’agencent de part et d’autre d’un couloir reliant une avant-cour donnant sur la rue, et, à l’arrière, un jardin dans lequel se trouvait un puits de pierres sèches.
Les pièces, dont l’une était dotée d’un système de chauffage par le sol, étaient délimitées par de larges murs profondément fondés mais aussi par des séparations plus légères, caractéristiques d’une architecture dite mixte, où l’élévation des parois en terre sur une armature de bois reposait sur des soubassements maçonnés. Les traces de cloisons plus anciennes montées sur de simples alignements de pierres ont également été repérées par endroits.
La fouille des niveaux de démolition de ces habitations a notamment livré de nombreux fragments de revêtement mural peint. 
La chronologie de ces constructions réaménagées à plusieurs reprises à partir du début du 1er siècle de notre ère, reste encore à préciser.

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