Vue aérienne de l'amphithéâtre. Photo NVP3D
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Amphithéâtre

Monument le plus emblématique de la ville romaine, l’amphithéâtre d’Avenches, témoin de combats, de chasses et de jeux antiques, a traversé les siècles.

Deux périodes de construction

Probablement été érigé au début du 2e ap. J.-C., l'amphithéâtre est implanté sur le flanc de la colline. De gigantesques travaux de terrassement ont été nécessaires pour dégager son arène de forme ovale et aménager les talus qui ont été recouverts de gradins, à l'origine construits peut-être partiellement en bois.


Lors de sa première période de construction (état 1), l'amphithéâtre, d'apparence assez sobre, ne présente pas d’ornementation significative. Seuls les escaliers, les murs de l’arène et du couronnement, ainsi que les entrées axiales à l'est et à l'ouest, sont maçonnés. L'ensemble mesure alors 99 x 86 m et l'arène 52 x 39 m. Il peut accueillir 9'000 places réparties sur 24 rangs de gradins.


Après 165 ap. J.-C., lors d’une deuxième période de construction, l’édifice est agrandi et prend un aspect beaucoup plus monumental (état 2). Il est couronné par un mur périmétral à niches d’une hauteur de 7,50 m, qui lui confère la façade à arcades caractéristique des édifices de spectacle romain. Son entrée orientale est flanquée d'un portail monumental avec passages arqués et décor de colonnes. Ses dimensions extérieures atteignent 105 x 92 m et sa capacité d’accueil est augmentée à près de 16'000 places assises distribuées sur 36 rangs de gradins.

Proposition de restitution de l'amphithéâtre dans son état le plus récent. Restitution Archeotech SA
Proposition de restitution de l'amphithéâtre dans son état le plus récent. Restitution Archeotech SA

L'entrée principale voûtée vue depuis l'intérieur de l'arène et le couloir de service (à droite). Photo P. Lutz
L'entrée principale voûtée vue depuis l'intérieur de l'arène et le couloir de service (à droite). Photo P. Lutz

Spectacles et publics

L’amphithéâtre est le lieu de bien des spectacles. En ouverture des festivités qui sont à la fois religieuses, politiques et populaires, les autorités de la cité défilent lors d'une grande procession avec les effigies des dieux et les combattants.

Dans l'arène se déroulent non seulement des combats de gladiateurs (munera) et des chasses d'animaux sauvages (venationes), mais aussi des exécutions publiques ou des spectacles d’acrobatie, offerts par des notables, le plus souvent «pour le salut de l’empereur».

Le public accède aux gradins par des couloirs d'accès (vomitoria) répartis sur tout le pourtour du monument, puis prend place selon son rang social. Deux passages voûtés permettent d'accéder à l'arène elle-même: la «porte de la mort» (porta libitinensis) à l’ouest et la «porte des vivants» (porta sanavivaria) à l’est.

L'amphithéâtre avec, à gauche, la tour médiévale qui abrite le musée. Photo NVP3D
L'amphithéâtre avec, à gauche, la tour médiévale qui abrite le musée. Photo NVP3D

Destruction

La destruction de l’édifice intervient entre la fin du 3e et le début du 4e s. ap. J.-C. Certaines parties du monument sont démantelées de manière systématique et les pierres de taille sont récupérées pour d'autres constructions.

Une tour forte haute de 23,50 m, qui abrite depuis 1838 le Musée romain, sera construite à la fin du 11e s. au-dessus de l’ancienne porte principale.

Vue aérienne de 1943 pendant les travaux de dégagement des arènes
Vue aérienne de 1943 pendant les travaux de dégagement des arènes

Une fin qui n’en est pas une

Dans les années 1940, un vaste chantier permet de dégager l’arène, progressivement comblée au fil des siècles, puis le monument est restauré par étapes jusqu’à la fin du 20e s. 

Ces interventions ont permis à l'amphithéâtre de retrouver sa vocation de lieu de spectacles et d’accueillir de grands événements culturels – festivals de rock, opéras et fanfares militaires.

Aujourd’hui, devenu plus fragile, il fait l’objet d’un nouveau projet de conservation et de restauration, appelé à se poursuivre jusqu’au début des années 2030.