Vue de la salle tiède (tepidarium) des thermes de Perruet
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Thermes de Perruet

Situés à deux pas du forum, les thermes de Perruet, un vaste complexe de bains publics, étaient bien plus qu’un lieu d’hygiène. Ils offraient aux habitants un espace de bien-être, de rencontre et de culture au cœur de la ville.

Des bains publics au cœur de la ville

Édifiés dès 77 ap. J.-C., les thermes dits de Perruet occupent tout un îlot (insula 29) à l’est du forum. Leur construction s’inscrit dans le grand programme d’équipement d’Aventicum, devenue colonie romaine en 71 ap. J.-C., et reflète le prestige d’une ville en pleine expansion.

Les thermes sont également un lieu de vie essentiel. On y vient pour se laver, se détendre, se faire masser, faire du sport, mais aussi pour rencontrer ses amis et ses clients ou se cultiver puisqu'ils abritent, entre autres, des bibliothèques. Ouverts à tous, ils incarnent l’idéal romain du mens sana in corpore sano – un esprit sain dans un corps sain.

Proposition de restitution des thermes de Perruet dans leur phase la plus récente, après 120 ap. J.-C. Restitution Th. Hufschmid
Proposition de restitution des thermes de Perruet dans leur phase la plus récente, après 120 ap. J.-C. Restitution Th. Hufschmid

Vestiges restaurés des piles de carreaux de terre cuite appartenant au dispositif de chauffage par le sol du tepidarium. Au second plan, le frigidarium
Vestiges restaurés des piles de carreaux de terre cuite appartenant au dispositif de chauffage par le sol du tepidarium. Au second plan, le frigidarium

Un parcours de bains soigneusement organisé

Identifiés comme tels en 1804 déjà, les thermes de Perruet ne sont dégagés qu’à partir des années 1950. Cet ensemble architectural monumental couvre près de 1700 m2, avec des salles pouvant atteindre 325 m2.

Le bâtiment principal, seul visible aujourd’hui, présente trois grandes salles dont l’alignement correspond au parcours des baigneurs de l’époque romaine: le frigidarium (salle froide équipée de deux vasques d’eau froide), le tepidarium (salle tiède chauffée par le sol) et le caldarium (salle chauffée par le sol et les murs, équipée de bassins d’eau chaude et de vasques d’ablution situées dans de profondes niches latérales).

Plan de la phase récente (120 ap. J.-C.): 1- entrée? 2- vestiaire? 3- salle froide (frigidarium). 4- salle tempérée (tepidarium). 5- salle chaude (caldarium). 6- bassins. 7- sauna (sudatorium)? 8- cour avec piscine (natatio)? 9- réservoir. 10- palestre
Plan de la phase récente (120 ap. J.-C.): 1- entrée? 2- vestiaire? 3- salle froide (frigidarium). 4- salle tempérée (tepidarium). 5- salle chaude (caldarium). 6- bassins. 7- sauna (sudatorium)? 8- cour avec piscine (natatio)? 9- réservoir. 10- palestre

Des infrastructures thermales diversifiées

En périphérie du bâtiment central se trouvent d'autres infrastructures indispensables au bon fonctionnement des thermes. 

Au nord-est se situent une grande piscine en plein air, ainsi qu'un imposant réservoir alimenté par un aqueduc qui court sous le frigidarium.

Plus à l’ouest, s’étend une palestre pour les exercices physiques, séparée des bains par une annexe ayant pu fonctionner comme siège de corporation ou pour accueillir d’autres réunions ou activités socio-culturelles. 

Au sud, d’autres pièces de service mal identifiées pouvaient servir par exemple de vestiaires ou de latrines.

La salle chaude (caldarium), richement décorée, avec ses bassins de baignade. Illustration Ph. Bürli
La salle chaude (caldarium), richement décorée, avec ses bassins de baignade. Illustration Ph. Bürli

Transformations et agrandissements

Dès 120 ap. J.-C., les thermes sont transformés et rénovés avec l’ajout de bassins dans le frigidarium et le caldarium. De nouveaux locaux chauffés sont construits au sud, constituant soit une seconde section thermale, éventuellement réservée aux femmes, soit un sauna (sudatorium) ou un vestiaire (apodyterium).

Les bains sont fréquentés jusqu’au milieu du 3e s. ap. J.-C., période pendant laquelle des travaux d’entretiens sont régulièrement réalisés.

Restitution du dispositif de chauffage par le sol: les piles en carreaux de terre cuite supportaient un épais sol constitué de plusieurs couches (dalles en terre cuite; mortier hydraulique; revêtement de surface en marbre)
Restitution du dispositif de chauffage par le sol: les piles en carreaux de terre cuite supportaient un épais sol constitué de plusieurs couches (dalles en terre cuite; mortier hydraulique; revêtement de surface en marbre)

Un concentré d’ingénierie et de raffinement

Les thermes reposent sur des maçonneries en calcaire jaune fondées sur des pieux de chêne, tandis que le chauffage de l’air, du sol et de l’eau est assuré par un système performant (hypocauste) mêlant fournaises en molasse, sols portés par des pilettes et conduits d’air chaud en terre cuite dans les murs. Un vaste réseau hydraulique distribuait et évacuait l’eau, froide ou chauffée, vers les bassins, vasques et baignoires.

Mortiers étanches et dallages de marbre ou de pierre dure protégeaient les sols et les parois dans les salles humides. Lambris de pierres colorées locales ou importées, portes de bronze, décors stuqués, peintures murales et probablement mosaïques faisaient de cet ensemble un véritable palais du bien-être.