Entre juin et septembre 2020, une campagne de diagnostics et de fouilles a été menée au lieu-dit Derrière les Murs, dans le cadre de l’extension de la ZI de la Plaine. L’objectif principal était de préciser l’étendue d’une petite nécropole repérée en 2016, extra muros près de la porte du Nord.
Les vestiges les plus anciens du secteur remontent au dernier tiers du 1er s. ap. J.-C. et consistent en un réseau organisé de fossés drainants destinés à assainir les zones basses. L’un d’eux, un fossé rectiligne parallèle à l’enceinte et observé sur plus de 300 m, infléchit sa trajectoire au niveau de la tour T17, sans se prolonger au-delà de T22.
Deux autres fossés, perpendiculaires à la muraille (St 24 face à T19 et St 22, 45 m plus au nord-est), semblent répartis de manière régulière en fonction de l’espacement des tours. Le comblement de ces fossés contenait de nombreux blocs de calcaire jaune, typiques du blocage interne de la muraille, témoignant d’un rejet de matériaux à l’issue du chantier. Daté du dernier tiers du 1er siècle de notre ère, le mobilier céramique qui en provient s’accorde bien avec la période d’édification de cette partie de l’enceinte vers 76 ap. J.-C.
Une bague inscrite
Cette intervention a également permis de repérer de nouveaux aménagements liés à l’évacuation extra muros des eaux usées d’Aventicum et de compléter ainsi le réseau des canalisations repérées de part et d’autre de la muraille en 2015 et 2016, qui caractérisent la deuxième phase d’occupation à la fin du 1er siècle de notre ère.
Une canalisation (St 50) repérée à une trentaine de mètres de la route franchissant la porte du Nord a livré, dans son comblement, une bague en alliage cuivreux portant sur son chaton l’inscription AMO TE / AMA ME, «Je t’aime. Aime-moi !». Cette dernière vient s’ajouter aux quelques rares autres bagues inscrites des collections d’Avenches.
Une nécropole du 2e s. ap. J.-C.
Les fouilles de 2020 ont également précisé l’extension du petit cimetière fréquenté au 2e s. ap. J.-C., découvert en 2016 et remarquable par la forte proportion d’immatures, grâce à la mise au jour d’un niveau de circulation en graviers (St 16), associé aux tombes et à des fossés d’enclos. Trois fossés rectilignes (St 5, St 12, St 36), larges d’environ 1,10–1,40 m et profonds de 25 cm, délimitent une aire funéraire quadrangulaire d’environ 260 m², peut-être structurée par des haies.
Les nouvelles sépultures sont peu nombreuses et en très mauvais état de conservation: deux inhumations de nouveau-nés (St 6, St 13), un épandage d’ossements d’immatures (St 19) et une réduction d’adulte (St 15).
Le niveau de circulation a livré un mobilier abondant et varié – céramique, faune, métal, verre, tabletterie, objets en terre cuite ou en pierre et ossements humains dispersés – majoritairement brûlé. La céramique, datée entre la fin du 1er et le 3e s. ap. J.-C., suggère une fréquentation prolongée du secteur. Parmi le matériel figuraient trois estampilles, rares dans nos contrées, dites in planta pedis, portant probablement le nom du potier Catus, dans un cartouche en forme de pied ou de sandale.
Activités de boucherie ?
La dernière phase antique, postérieure à la nécropole mais non précisément datée, est marquée par plusieurs fosses (St 7, 10, 14, 34, 39) contenant de nombreux restes de bovidés et d’équidés. Les multiples traces de découpe, ainsi que la présence de chevilles osseuses sciées, suggèrent une activité de boucherie éventuellement associée à la récupération d’os pour la tabletterie.
Intervention 2020.01- Derrière les Murs. Parcelle 2543, 2546.
Sondages diagnostics préalablement au remblaiement des parcelles
Du 16 juin au 25 septembre 2020
Responsable M. Lhemon
Pour en savoir plus: Chronique archéologique
À découvrir: Je t'aime. Aime-moi