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Fouilles 2016-2020

Retrouvez ici les anciennes «actualités des fouilles» relatives aux principaux chantiers archéologiques qui ont marqué les années passées

Des liens vers les Chroniques des fouilles archéologiques publiées dans le Bulletin de l’Association Pro Aventico (BPA), ainsi que vers certains articles vous invitent à en découvrir davantage.

2020.01

Une nouvelle nécropole extra muros

Deux inhumations en pleine terre de nouveau-nés, un épandage d'ossements d'immature et la tombe en réduction d'un adulte viennent s'ajouter aux sépultures déjà fouillées en 2016.

Entre juin et septembre 2020, une campagne de diagnostics et de fouilles a été menée au lieu-dit Derrière les Murs, dans le cadre de l’extension de la ZI de la Plaine. L’objectif principal était de préciser l’étendue d’une petite nécropole repérée en 2016, extra muros près de la porte du Nord.

Les vestiges les plus anciens du secteur remontent au dernier tiers du 1er s. ap. J.-C. et consistent en un réseau organisé de fossés drainants destinés à assainir les zones basses. L’un d’eux, un fossé rectiligne parallèle à l’enceinte et observé sur plus de 300 m, infléchit sa trajectoire au niveau de la tour T17, sans se prolonger au-delà de T22.

Deux autres fossés, perpendiculaires à la muraille (St 24 face à T19 et St 22, 45 m plus au nord-est), semblent répartis de manière régulière en fonction de l’espacement des tours. Le comblement de ces fossés contenait de nombreux blocs de calcaire jaune, typiques du blocage interne de la muraille, témoignant d’un rejet de matériaux à l’issue du chantier. Daté du dernier tiers du 1er siècle de notre ère, le mobilier céramique qui en provient s’accorde bien avec la période d’édification de cette partie de l’enceinte vers 76 ap. J.-C.


Une bague inscrite

Cette intervention a également permis de repérer de nouveaux aménagements liés à l’évacuation extra muros des eaux usées d’Aventicum et de compléter ainsi le réseau des canalisations repérées de part et d’autre de la muraille en 2015 et 2016, qui caractérisent la deuxième phase d’occupation à la fin du 1er siècle de notre ère.

Une canalisation (St 50) repérée à une trentaine de mètres de la route franchissant la porte du Nord a livré, dans son comblement, une bague en alliage cuivreux portant sur son chaton l’inscription AMO TE / AMA ME, «Je t’aime. Aime-moi !». Cette dernière vient s’ajouter aux quelques rares autres bagues inscrites des collections d’Avenches.


Une nécropole du 2e s. ap. J.-C.

Les fouilles de 2020 ont également précisé l’extension du petit cimetière fréquenté au 2e s. ap. J.-C., découvert en 2016 et remarquable par la forte proportion d’immatures, grâce à la mise au jour d’un niveau de circulation en graviers (St 16), associé aux tombes et à des fossés d’enclos. Trois fossés rectilignes (St 5, St 12, St 36), larges d’environ 1,10–1,40 m et profonds de 25 cm, délimitent une aire funéraire quadrangulaire d’environ 260 m², peut-être structurée par des haies.

Les nouvelles sépultures sont peu nombreuses et en très mauvais état de conservation: deux inhumations de nouveau-nés (St 6, St 13), un épandage d’ossements d’immatures (St 19) et une réduction d’adulte (St 15).

Le niveau de circulation a livré un mobilier abondant et varié – céramique, faune, métal, verre, tabletterie, objets en terre cuite ou en pierre et ossements humains dispersés – majoritairement brûlé. La céramique, datée entre la fin du 1er et le 3e s. ap. J.-C., suggère une fréquentation prolongée du secteur. Parmi le matériel figuraient trois estampilles, rares dans nos contrées, dites in planta pedis, portant probablement le nom du potier Catus, dans un cartouche en forme de pied ou de sandale.


Activités de boucherie ?

La dernière phase antique, postérieure à la nécropole mais non précisément datée, est marquée par plusieurs fosses (St 7, 10, 14, 34, 39) contenant de nombreux restes de bovidés et d’équidés. Les multiples traces de découpe, ainsi que la présence de chevilles osseuses sciées, suggèrent une activité de boucherie éventuellement associée à la récupération d’os pour la tabletterie.


Intervention 2020.01-
Derrière les Murs. Parcelle 2543, 2546. 

Sondages diagnostics préalablement au remblaiement des parcelles 

Du 16 juin au 25 septembre 2020

Responsable M. Lhemon


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Je t'aime. Aime-moi

2019.07

Des vestiges d'époque laténienne sous la future école primaire de Sous-Ville.

Malgré les perturbations modernes liées à la construction de plusieurs courts de tennis dans les années 1970, la fouille a livré de nouvelles structures d’époque gauloise et un abondant mobilier enrichissant la compréhension de l’occupation de ce secteur de la colline.

La poursuite des travaux d’agrandissement du collège de Sous-Ville, situé sur le flanc nord-ouest de la colline d’Avenches, a entrainé des terrassements sur une surface d’environ 1300 m2 pour la construction d’une nouvelle école primaire en lieu et place de deux courts de tennis. Le suivi du décapage par les archéologues a montré que l’intégralité de la parcelle avait déjà été passablement perturbée lors de la construction dans les années 1970 de l’actuel collège et que probablement à la même époque un épais remblai avait été déposé pour le nivellement nécessaire à l’aménagement des courts de tennis. 

Plusieurs fonds de structures en creux ont néanmoins été repérés. Celles-ci donnent de précieux compléments d’information sur l’habitat gaulois de ce secteur qui, on le voit fouille après fouille, prend de l’importance sur ce versant de la colline. Trois d’entre elles, dont un cellier, ont livré un important mobilier céramique qui permet de les dater aux alentours de 100 av. J.-C. En outre, l’abondante quantité de petits fragments de torchis brûlés portant des empreintes de clayonnage trouvés dans les comblements laisse supposer une architecture domestique de terre et de bois. 

L’emploi systématique d’un détecteur à métaux a permis de récolter dans les remblais modernes, ainsi que dans la faible épaisseur de couche encore en place, un abondant mobilier, bien qu’en majorité en position secondaire et chronologiquement mélangé. On compte 40 petits objets inventoriés et 61 monnaies datées des époques médiévale, romaine et de la fin de l’âge du Fer.


Intervention 2019.07 – Collège Sous-Ville. Parcelle 2324.

Suivi de terrassement et fouille en anticipation de la construction d’une école primaire

Du 22 juillet au 20 septembre 2019

Responsable H. Amoroso


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

2019.06

Site de l'ancienne brocante d'Avenches

Des vestiges de monuments funéraires romains et plusieurs fosses de la Tène finale ont été mis au jour à la suite de travaux d'équipements de trois locatifs.

Les derniers travaux d’équipement des trois locatifs construits entre 2018 et 2019 à l’emplacement de l’ancienne brocante d’Avenches a nécessité un suivi systématique du creusement des tranchées (réseau d’eau et d’électricité, raccordement au thermoréseau et bassin de rétention des eaux de ruissellement). Les travaux de cette étape ont été très morcelés et se sont étendus sur plusieurs mois. L’étroitesse des tranchées, de même que leurs profondeurs variant de quelques dizaines de centimètres à près de 1,50 m sous le tout-venant, n’ont pas facilité les observations et la documentation archéologiques. 

Malgré cela, les vestiges mis au jour nous apportent de nombreux compléments sur ce secteur périphérique d’Avenches, notamment pour les époques gauloise et romaine. Au moins quatre fosses sont attribuées à La Tène finale par leur insertion stratigraphique et leur mobilier céramique. Une tombe à inhumation peut vraisemblablement être rattachée à la nécropole romaine de la porte de l’Ouest. De plus, plusieurs fragments de monuments funéraires en calcaire blanc très morcelés, principalement trouvés dans la partie orientale de la parcelle, peuvent être associés à ce cimetière. Parmi ceux-ci, on relèvera la remarquable et peu fréquente découverte de trois grands fragments de stèles figurant des défunts.


Intervention 2019.06 – Route de Lausanne 5-7. Parcelle 1172

Suivi (et fouille) des creuses de plusieurs conduites et canalisations (eau, téléréseau, électricité), d’un bac d’infiltration et des aménagements des surfaces extérieures

Entre juin et octobre 2019

Responsables H. Amoroso et A. Schenk


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

2019.03

Une domus luxueuse et un ensemble artisanal remarquable au sud de l’insula 3

Des vestiges de l’âge du Bronze, une dizaine de cuves en bois interconnectées et une riche domus romaine offrent un nouvel éclairage sur l’évolution urbaine et économique de l’insula 3.

Entre mars et septembre, une fouille préventive de près de 800 m² a été menée sur la future parcelle du pôle médical AVENTIMED, dans la partie sud de l’insula 3. Ce secteur, déjà exploré dans les années 2000 (Migros, centrale du thermoréseau), avait révélé de vastes demeures romaines. La présence d’une domus richement décorée était d’ailleurs pressentie depuis une fouille des années 1970, qui avait livré de beaux sols en béton et des restes de peintures murales.
L’intervention de 2019 a permis de compléter le plan de cette demeure, d’affiner sa chronologie (1er–3e s. ap. J.-C.) et de mettre en lumière une activité artisanale encore mal définie. Les études ne faisant que commencer, les résultats présentés ici sont préliminaires.


Des traces de l’âge du Bronze

La création d'un sous-sol a nécessité une excavation profonde, révélant au sommet des sables naturels un paléosol contenant quelques charbons, tessons grossiers et une pointe de lance en alliage cuivreux, attestant une occupation sporadique de l’âge du Bronze. Aucun aménagement construit n’est conservé, hormis une petite zone rubéfiée avec galets éclatés au feu.


Un premier bâtiment associé à une activité artisanale

Séparé de l’horizon ancien par une épaisse colluvion naturelle, un bâtiment à ossature de bois et parois en torchis décorées a été dégagé dans la zone sud. Ses sols en terre battue, foyers sur tegulae et son implantation suggèrent un lien direct avec une aire artisanale située à l’arrière.
Plus d’une dizaine de cuves circulaires, ovales ou quadrangulaires (de 80 cm à 4 m), parfois équipées de cuvelages en bois (clayonnage ou tonneaux réemployés), communiquent entre elles par des canaux étroits. L’ensemble évoque un atelier nécessitant un approvisionnement important en eau, probablement en lien avec un puits voisin.
Si leur fonction reste à définir, les hypothèses incluent tannerie, vannerie ou foulonnerie. Des analyses chimiques, palynologiques, carpologiques et une datation dendrochronologique devraient préciser la nature et la chronologie de cet ensemble exceptionnel pour la région.


Une riche domus

La demeure en bordure de rue montre plusieurs phases d’extension et de réorganisation entre le 1er et le 2e siècle. Ses pièces, aménagées en terrasses, disposent pour la plupart de sols en terrazzo, de peintures murales et d’une pièce chauffée par hypocauste.
Une vaste cour-jardin centrale (L6) structurait l’habitation, entourée de couloirs dont un en «L» menant à une grande pièce de 42 m² aux parois ornées de placages de marbre importé. Un portique semi-ouvert (L2) devait s’ouvrir au nord sur un jardin (L1). Plusieurs canalisations maçonnées complétaient les aménagements hydrauliques.
Le mobilier est particulièrement abondant: près de 500 objets, dont une vingtaine liée au domaine militaire (deux glaives, dont un à pommeau d’ivoire, et quelques éléments d’harnachement), ainsi que plusieurs milliers de tessons, illustrant le statut élevé des occupants.


Intervention 2019.03 – En Pré-Vertinsula 3. Parcelle 5871

Fouille préventive en anticipation d’un projet immobilier comprenant un pôle de santé

25 février au 26 septembre 2019

Responsable O. Presset


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Un quartier résidentiel et artisanal d’Aventicum se dévoile

Publication: L'insula 3 d'Avenches/Aventicum du Ier au début du IIe ap. J.-C.: structures d'habitat et dispositif de cuves et de canaux


2019.02

Quinze siècles d'histoire révélés sous une station-service

Une densité de vestiges exceptionnelle sur 75 m2 et 4 m de profondeur: un habitat gaulois, des constructions romaines avec portique, un ensemble funéraire et un imposant fossé (défensif ?) d'époque médiévale.

En prévision de l’installation d’une nouvelle citerne pour la station d’essence de la Route du Faubourg 13, une fouille préventive a été organisée en mars 2019, sur une surface relativement restreinte d’environ 75 m2 et sur une impressionnante profondeur de 4 m. L’intervention a mobilisé cinq archéologues durant huit semaines.
Située à moins de trente mètres de la mosaïque découverte l’année passée lors des travaux réalisés dans la chaussée de la route de contournement, cette zone a révélé une densité de vestiges exceptionnelle s’étendant sur près de quinze siècles d’histoire. Outre un grand fossé post-médiéval de près de 5 m de large et profond de 2,5 m, traversant d’est en ouest le secteur fouillé, les investigations dans cette aire voisine du cimetière avenchois ont permis la mise au jour de sept tombes médiévales et modernes, ainsi que deux murs appartenant au complexe cimétérial de l’ancienne église paroissiale de Saint-Martin. On peut de ce fait distinguer deux à trois phases d’utilisation de cette zone dont la vocation funéraire est attestée par les sources historiques au 15e siècle, mais qui est assurément bien antérieure.
Recoupés par plusieurs de ces tombes, les vestiges de la période romaine sont représentés par trois murs maçonnés servant d’appui à des élévations en matériaux légers, dont deux délimitent des locaux équipés en béton de chaux. De plus, une cour intérieure, dont le portique est matérialisé par deux tambours de colonne en molasse, a été identifiée au nord-ouest du sondage.
Enfin, sous les vestiges romains, à une profondeur de 3 m, une dizaine de structures en creux attestent de l’occupation de la zone à la fin de la période celtique, peu avant notre ère, et confirment de ce fait l’importance de l’agglomération gauloise dont l’étendue ne cesse de s’élargir depuis la découverte en 2014 de l’extraordinaire site du Faubourg (actualité internet printemps-automne 2014) situé à 150 m de là plus à l’ouest. Une vocation de stockage (silos et tonneaux) peut être proposée pour plusieurs grandes fosses circulaires, tandis qu’un foyer, deux sablières basses, ainsi que des trous de poteau attestent la présence d’un petit bâtiment en construction légère, à soubassement en bois et parois de torchis.


Intervention 2019.02 – Route du Faubourg 13. Parcelle 883

Fouilles pour l’implantation d’une citerne pour une station-service

1er mars au 26 avril 2019

Responsable T. Corvin


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

2018.07

Sous le futur parking du Faubourg

Non loin du cimetière actuel, une occupation gauloise datée des années 40-20 av. J.-C. et un quartier antique mis en évidence lors de travaux sur un terrain qui n'avait jamais été fouillé jusqu'alors apportent un nouvel éclairage sur l’urbanisation de cette région du site.

De nouveaux témoins d’une occupation antérieure à la ville romaine sont apparus au sud-est de la colline. Observés lors de travaux pour la création d’un parking sur un terrain voisin du cimetière qui n’avait jamais été fouillé jusqu’alors, il s’agit de plusieurs grandes fosses et fossés riches en mobilier (céramique, faune) que l’on peut mettre en relation avec un premier habitat en architecture de terre et de bois. Datées aux environs des années 40-20 du 1er siècle av. J.-C., ces constructions ont été supplantées dans le courant du 1er siècle ap. J.-C. par des habitations établies selon la même orientation en bordure d’une rue qui se dirigeait vers la zone sacrée du Lavoëx. Bien conservés, ces vestiges qui comprennent notamment plusieurs sols de terrazzo associés à des foyers relèvent de plusieurs phases d’occupation et apportent un éclairage tout à fait inédit sur l’urbanisation à l’époque romaine de cette région précise du site.


Intervention 2018.07 – Route du Faubourg – Vers le Cimetière. Parcelle 887

Fouilles en tranchées en anticipation de la création d’un parking public et d’un système de drainage avec bacs d’infiltration des eaux de pluie.

18 juin au 15 septembre 2018 

Responsable M. Lhemon


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Des interventions sur tous les fronts

2018.03

Des tombes gauloises et un quartier périphérique romain sous l’ancienne usine Aventica

Sept mois de fouilles extensives ont révélé, sur près de 4000 m2, des tombes de l’époque gauloise et un quartier périphérique de la ville romaine dont l’occupation s’étend du 1er siècle ap. J.-C. jusqu’à l’époque romaine tardive.

Les investigations menées sur une parcelle où s’élevaient jusqu’en été 2017 les bâtiments de l’ancienne usine Aventica (place de la Gare) marquent le retour des fouilles extensives en ville romaine. Cette opération qui aura mobilisé une dizaine d’archéologues auxiliaires durant 7 mois, a permis l’exploration, en périphérie des quartiers antiques et à une centaine de mètres du mur d’enceinte, d’une zone d’env. 4000 m2 située au nord d’une rue large d’env. 7 m dans son état final. 

Alors que la fouille vient à peine de s’achever, un premier bilan très général fait état de quatre ou cinq grandes phases d’occupation dont la plus ancienne comprend plusieurs structures funéraires (petit enclos quadrangulaire, tombes en coffre et fossés d’enclos) remontant à l’époque gauloise.

La première phase romaine comprend essentiellement des bâtiments en terre et en bois associés à de nombreuses fosses ainsi que quelques puits et foyers. Le plan laisse deviner une subdivision des surfaces en plusieurs parcelles qui sera partiellement maintenue par la suite. Suivent une ou deux phases de constructions en architecture mixte (parois légères sur fondations maçonnées). Certaines pièces, aux sols de terre battue ou en béton de chaux, étaient ornées d’un revêtement mural peint de grande qualité.

Enfin, les constructions maçonnées du dernier état correspondent à plusieurs corps de bâtiments dont la façade se développe côté rue sur près de 70 m. Des pièces chauffées par hypocauste et des locaux dotés de sols en terrazzo caractérisent les parties les mieux conservées de ces édifices à l’arrière desquels des espaces ouverts étaient occupés par des constructions sur poteaux pouvant abriter des activités domestiques ou artisanales.


Intervention 2018.03 – Place de la Gare – Aventica. Parcelles 504, 4520, 5837

Suivi de démolition d’une ancienne usine et fouilles préventives pour un projet immobilier

3 avril au 2 novembre 2018 

Responsable D. Goldhorn


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Des interventions sur tous les fronts

2018.02

Une occupation gauloise en bordure du ruisseau du Ruz

Au sud-ouest de la colline d’Avenches, la parcelle où s’élevait encore récemment l’ancienne grange du Paon, utilisée en dernier lieu comme brocante, a fait l’objet de plusieurs mois de fouilles qui ont révélé un ancien cours d’eau et un ensemble remarquable de structures en bois et d’objets, témoignant d’une intense activité artisanale vers le milieu du 1er s. av. J.-C. 

Au sud-ouest de la colline d’Avenches, la parcelle où s’élevait encore récemment l’ancienne grange du Paon, utilisée en dernier lieu comme brocante, a fait l’objet, dès août 2017, de plusieurs mois de fouilles qui ont permis d’enrichir notre connaissance de l’occupation pré-romaine du site.

Hormis deux sépultures d’époque romaine et quelques aménagements contemporains du bâtiment du 17e siècle, l’intervention s’est en effet essentiellement concentrée sur des vestiges de la seconde moitié du 1er siècle av. J.-C. Le principal élément de cette période consiste en un chenal fossile impacté en longueur sur une douzaine de mètres. Cet ancien ruisseau dont le cours a varié au cours du temps présente divers aménagements destinés à en renforcer les berges sous forme d’empierrements et d’éléments en bois relativement bien conservés, poteaux, piquets et planches. Bien qu’effectuée dans des conditions particulièrement difficiles (ce paléo-chenal draine aujourd’hui encore les eaux souterraines des coteaux voisins), la fouille a livré un assemblage tout à fait remarquable de mobilier tant céramique que métallique (nombreuses fibules et monnaies, situle en bronze, etc…) ou encore faunique (crânes de bovidés et de cheval), ainsi que la partie supérieure d’un crâne humain isolé. Différentes pièces de vannerie particulièrement bien conservées ont été mises au jour ainsi qu’une brosse en bois (carde) qui pourrait être en relation avec un artisanat du textile.

Des empreintes laissées par des bovidés autour de cuvettes creusées dans le terrain encaissant et alimentées par une déviation du ruisseau indiquent en outre que le lieu a servi occasionnellement de point d’eau pour le bétail.


Intervention 2018.02 – Route de Lausanne 5-7. Parcelle 1172

Fouilles préventives pour la construction d’un locatif

5 au 15 mars, 7 mai au 4 septembre 2018 

Responsables A. Schenk et H. Amoroso


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Des interventions sur tous les fronts


2018.01

Une mosaïque sous le bitume

550 m de tranchée linéaire creusés dans la route de contournement d'Avenches à l'occasion de la réfection de conduites ont livré des résultats inédits: sépultures médiévales, maçonneries imposantes dans le quartier des sanctuaires romains, conduite en plomb intacte sous la voirie et mosaïque unique en son genre.

Depuis début avril, l’ouverture d’une tranchée de 550 m dans la chaussée sud de la route de contournement d’Avenches fait l’objet d’un suivi archéologique destiné à compléter les observations réalisées dans les années 1960 lors de l’élargissement de l’ancienne Route du Faubourg.


Le quartier des sanctuaires

À proximité de l’Avenue Jomini, d’imposantes maçonneries ont été dégagées de part et d’autre du decumanus maximus, dont une portion du mur d’enclos du temple de la Grange des Dîmes et, en face, les fondations d’un vaste bâtiment à double galerie ou portique long d’environ 150 m.


La voirie 

La chaussée romaine contournant la colline par le sud-est, héritée d’une voie antérieure du 1er s. av. J.-C. (fouille du Faubourg 2014), a été recoupée en plusieurs points. Parfois située à moins d’un mètre sous la route actuelle, elle se compose de superpositions de graviers et de galets pouvant dépasser 1 m d’épaisseur. Face au temple de la Grange des Dîmes, une canalisation en plomb, encore en place et remarquablement conservée, a été dégagée sur plusieurs mètres; un segment de 5,30 m, d’un diamètre intérieur de 6 cm, a pu être prélevé par le Laboratoire de conservation-restauration du SMRA – une découverte rare, les objets en plomb ayant été largement récupérés à la fin de l’Antiquité.


Sépultures médiévales

Au niveau du Chemin du Selley, trois tombes bordées de moellons de calcaire jaune ont été mises au jour au sommet des niveaux tardo-antiques. Elles s’apparentent aux inhumations des 9ᵉ–11ᵉ siècles déjà connues ailleurs sur le site, notamment autour du temple de la Grange des Dîmes.


Des édifices en bordure de rue

Entre le quartier des sanctuaires et l’entrée ouest de la ville, plusieurs constructions établies au sud de la voie romaine ont été observées, bien que la fenêtre d’intervention ne permette pas d’en restituer les plans. Ce sont de toute évidence des bâtiments de belle qualité. À hauteur de l’accès au cimetière, les travaux ont recoupé des murs et des sols en béton de chaux signalés dès les années 1960, ainsi qu’une pièce chauffée par hypocauste.


Une mosaïque exceptionnelle

À quelques mètres à l’ouest de cette salle, une mosaïque a été découverte à 1,80 m de profondeur. Bien conservée grâce à des aménagements postérieurs qui la recouvraient, elle combine un tapis central finement exécuté aux motifs végétaux et géométriques polychromes, et une large bordure de tesselles jaunes enrichie de fragments de marbres colorés en remploi. Au centre, un médaillon présente un canthare surmonté de deux oiseaux. Prélevée au terme d’une impressionnante opération menée avec brio par le Laboratoire de conservation-restauration, cette mosaïque s’impose d’ores et déjà comme une pièce unique au sein des collections du Musée.


Intervention 2018.02 – Route de Lausanne 5-7. Parcelle DP 1041

Fouilles préventives dans le cadre de la réfection de conduites (collecteur des eaux claires et distribution d’eau potable) dans la voie sud de la route de contournement

3 avril au 5 novembre 2018 

Responsable O. Heubi


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: Des interventions sur tous les fronts

Publication: Une mosaïque aux marbres précieux à Aventicum/Avenches

2016.16

Au Milavy : une parcelle traversée par 3000 ans d’occupation humaine

Les sondages réalisés à l’entrée ouest d’Avenches révèlent une succession exceptionnelle d’occupations, du Bronze final à l’époque moderne. Foyers protohistoriques, vestiges gaulois, fossés romains et structures médiévales offrent un nouvel éclairage sur cette région d’Avenches encore peu explorée.

En anticipation d’un ambitieux projet immobilier de quatre bâtiments (immeubles d’habitation, hôtel et surfaces commerciales) au lieu-dit Au Milavy, à l’entrée ouest d’Avenches, une campagne de sondages exploratoires a été entreprise sur une parcelle de 9’000 m2 afin de détecter la présence d’éventuels vestiges archéologiques dans ce secteur encore inexploré. 18 des 20 sondages effectués se sont révélés archéologiquement positifs et permettent de conclurent non seulement que les premières traces d’occupation sont très anciennes, remontant à l’Âge du Bronze, mais encore que le secteur est aussi fréquenté à La Tène finale, pendant la période romaine et jusqu’à l’époque médiévale ou moderne.


Âge du Bronze

Un horizon argileux et très charbonneux a été localisé dans quatre sondages situés dans la partie nord de la parcelle. Il a livré de nombreux galets éclatés au feu, de la céramique grossière, un anneau en bronze décoré, ainsi qu’une petite fosse circulaire et un foyer. Une analyse C14 effectuée sur des charbons a donné une fourchette chronologique entre 1220 et 980 av. J.-C. pour les trois échantillons étudiés, confirmant ainsi une occupation du Bronze récent/final.


Âge du Fer

Les vestiges attribuables à cette période sont quelques fosses et fossés qui se concentrent dans la partie sud de la parcelle, principalement le long de la voie romaine dont l’origine celtique est supposée. Cet horizon a livré de la céramique datée de La Tène finale et de la faune, ainsi que des objets métalliques parmi lesquels on compte au moins une fibule de type Nauheim, et pas moins de 10 monnaies celtiques et républicaines. Seule une fouille de surface permettra de préciser la nature de cette occupation.


Période romaine

Le bord nord de la route antique et ses différents aménagements bordiers (fossés) ont été repérés le long de la route cantonale. La présence de matériaux de démolition romaine (fragments de tuile, moellons de calcaire jaune, mortier) suggère l’existence d’un petit bâtiment en bordure de la route. La découverte de parure en relative abondance et d’une petite statuette en bronze pourrait en outre présager de la présence dans ce secteur de tombes comme cela a été le cas en 1998 de l’autre côté de la voie romaine.


Période médiévale ou moderne

Des moulins sont attestés dans ce secteur sur un plan de la ville d’Avenches du 18e siècle. Le bief de l’un de ces moulins, qui traverse la parcelle du sud au nord, a pu être mis en évidence dans trois sondages.


Intervention 2016.16 – Au Milavy. Parcelle 452

Sondages de diagnostic en anticipation d’un grand projet immobilier

6 au 26 septembre 2016

Responsables A. Schenk et H. Amoroso


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: "Avent-icum". Quoi de neuf chez les Helvètes d'Avenches ?

2016.13

Une occupation gauloise sur le versant occidental de la colline

Une dizaine de fosses à dépôts riches en mobilier – céramiques intactes, dépôts fauniques et pièces en métal – ainsi qu’un remarquable lot de monnaies celtiques ont été mises au jour. Datés d’environ 100 av. J.-C. et contemporains des découvertes de Sur Fourches, ces vestiges confirment l’existence d’une agglomération gauloise avant la ville romaine.

La périphérie occidentale de la ville d’Avenches se révèle être, au fur est à mesure que l’on y prête attention, une région archéologique stratégique pour la compréhension des origines de la cité romaine. En effet, des travaux liés à la construction de trois nouvelles salles de sport attenantes au collège municipal a permis de mettre au jour une série de fosses contenant des dépôts particuliers qui étaient associés à un nombre important de trouvailles métalliques. Ces découvertes sont datées pour l’heure sans plus de précision aux alentours de 100 av. J.-C, soit contemporains des vestiges découverts à un peu plus de 300 mètres de là, dans la région de Sur Fourches.

Le chantier de cet été 2016, qui touchait une surface relativement importante de 3’500m2, s’est déroulé dans des conditions de surveillance archéologique très compliquées. En effet, pas moins de deux pelles mécaniques de 40 tonnes et une de 25 tonnes participaient simultanément aux décapages des couches sus-jacentes aux frêles vestiges gaulois qui étaient comme souvent difficilement perceptibles. Mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, pas moins de 30 structures archéologiques ont été mises en évidence et ont pu être fouillées dans des délais très courts. De plus, un formidable ensemble de mobilier métallique a été récolté sur l’ensemble de la parcelle, grâce à l’habilité déconcertante du fouilleur/détectoriste Christopher Ansermet. En effet, plus de 90 monnaies sont sorties de terres, parmi lesquelles on dénombre, après un premier inventaire, 56 exemplaires datés de l’époque gauloise: environ 37 quinaires, 10 potins, 8 oboles et 1 seizième de statère en électrum. Il faut ajouter à cela une quarantaine de fibules, un peu moins de 20 perles en bronze, une dizaine de têtes de clou décorées, ainsi que de nombreux autres objets métalliques pas encore identifiés, incluant à première vue des éléments de chaudronnerie et de charronnerie.

Les structures archéologiques les plus intéressantes sont quant à elles représentées par une dizaine de fosses  creusées à même le substrat naturel. D’un diamètre moyen de plus de 2 m pour une profondeur maximale de 1 m, elles sont, comme nous l’avons déjà mentionné, caractérisées par la présence dans leur remplissage de dépôts particuliers, à savoir: des récipients entiers de céramique déposés en association soit avec des restes fauniques particuliers, principalement des mandibules, soit des objets métalliques placés intentionnellement, tels un grand couteau ou un rasoir.

Ces très belles découvertes remontant à la fin de la période celtique, associées à celles mise au jour de l’autre côté de la route cantonale dans le secteur Sur Fourches, ainsi qu’aux différentes structures funéraires contemporaines sises dans la région qui deviendra le centre religieux occidental de la ville romaine, confirment une fois de plus qu’une importante agglomération gauloise existait à Avenches, préfigurant la capitale des helvètes de l’époque romaine.


Intervention 2016.13 – Sous-Ville. Parcelle 480

Fouilles préventives liées à la construction de trois salles de sport pour le collège de Sous-Ville

21 juillet au 27 août 2016

Responsables H. Amoroso et A. Schenk


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: "Avent-icum". Quoi de neuf chez les Helvètes d'Avenches ?



2016.07

Aux portes d’Avenches, les traces d’une agglomération celtique se précisent

Les investigations menées en 2016 révèlent de nouvelles structures de La Tène finale, élargissant encore le périmètre de l’agglomération gauloise d’Avenches. Fosses-dépotoirs, celliers et dépôts céramiques esquissent peu à peu un habitat structuré avant la naissance d’Aventicum.

Le développement immobilier frénétique que connaît Avenches depuis quelques années ne laisse guère de répit aux archéologues des SMRA. En 2016, ces derniers ont enchaîné quasi sans interruption chantiers et campagnes de sondages préliminaires. Seule la pause de Noël leur a permis de se mettre au chaud et au sec avant de repartir affronter les frimas de l’hiver à la mi-janvier 2017. Ainsi, l’engagement de l’équipe de fouille conduit à de belles découvertes qui apportent, mois après mois, de nouvelles données concernant l’occupation pré-romaine d’Aventicum et permettront, nous l’espérons, de mieux comprendre les origines celtiques de la capitale des Helvètes.

Le périmètre des découvertes d’époque gauloise ne cesse en effet de s’élargir et livre toujours plus de structures et de mobilier remontant à la période de La Tène finale. Petit à petit, se dessinent ainsi les contours d’une «agglomération» située à la périphérie occidentale de la ville moderne, et longeant le flanc sud de la colline, le long d’un axe routier pérenne que reprendra plus tard la route romaine, tout comme la Route de Berne actuelle.

La fouille à Sur Fourches s’est poursuivie en 2016 sur une surface d’environ 1’000 m2 attenante à la zone investiguée l’année précédente. Même si aucun plan précis de bâtiment ne peut actuellement être tracé en raison de la rareté des trous de poteau et de l’absence de sablières, de foyers ou de sols, plusieurs zones d’habitation peuvent toutefois être cernées grâce à la concentration de structures particulières, à savoir plusieurs fosses-dépotoirs, une fosse-dépôt caractérisée par une concentration de céramiques peu fragmentées, une fosse-silo circulaire, ainsi que deux fosses-celliers. Ces dernières ont été identifiées non seulement par leur forme parfaitement rectangulaire et leurs grandes dimensions, mais aussi par les restes, dans l’une d’entre elles, de deux ou trois caisses en bois et de ce qui semble être trois céramiques de stockage en très mauvais état de conservation.

Concentré essentiellement dans les structures, le matériel archéologique récolté est plutôt riche et abondant. Il s’agit pour une bonne part de céramique attribuée à la période de La Tène D1 (150-80 av. J.-C.): productions locales communes à pâte grise fine et à pâte claire peinte, ainsi que vaisselle d’importation à dégraissants grossiers de «type Besançon» et quelques fragments d’amphores à vin italiques. Le petit mobilier est composé d’une dizaine de jetons en céramique, des fragments d’un bracelet en verre violet et de plusieurs outils en pierre de type aiguisoirs. Enfin, les objets en métal (bronze et fer) comptent quelques clous, agrafes et fibules, ainsi qu’une vingtaine de monnaies.

Débutée mi-janvier 2017, l’exploration de la zone orientale, sous l’emprise du quatrième et dernier immeuble à construire, permettra sans doute de mieux comprendre l’étendue de l’occupation et peut-être même d’établir des plans de bâtiments.


Intervention 2016.07 – Sur Fourches. Parcelle 4508

Fouille préventive liée à un vaste projet immobilier

Juillet à décembre 2016

Responsable M. Lhemon


Pour en savoir plus: Chronique archéologique

À découvrir: "Avent-icum". Quoi de neuf chez les Helvètes d'Avenches?

Publication: L’habitat gaulois d’Avenches/Sur Fourches. Les fouilles de 2016 et 2017